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Enfouissement du réseau électrique de haute tension : une opération à plus de 130 Millions de dhs, mais à haute valeur ajoutée sur les plans environnemental et urbanistique

Enfouissement du réseau électrique de haute tension : une opération à plus de 130 Millions de dhs, mais à haute valeur ajoutée  sur les  plans environnemental et urbanistique

Inscrite dans le cadre du chantier de la mise à niveau urbaine de l’aire métropolitaine de Rabat, l’opération de l’enfouissement du réseau électrique de haute tension sur une longueur linéaire de 6 Km est une première expérience au Maroc de par son impact urbanistique (rehaussement de la qualité urbaine) et ses caractéristiques techniques (coût d’investissement, longueur de la tranchée, modèle de partenariat).

Quels sont les impacts de ce projet sur le plan environnemental et urbanistique ?, et quels sont les protocoles auxquels doivent se conformer les opérateurs urbains lors de leurs interventions sur le réseau souterrain pour éviter toute coupure d’électricité au niveau de la ville? Telles sont les questions auxquelles le présent article entend apporter un éclairage.

D’emblée, convient-il de préciser que l’enfouissement du réseau électrique de haute tension et des fils de câbles est une pratique courante dans les pays respectueux de la question environnementale et de la sécurité du citoyen.

Si au Maroc, le choix des lignes électriques aériennes qui reposent sur des pylônes est dicté par des questions de coût et la forme compacte des villes, en revanche, avec l’étalement urbain qu’ont pris nos agglomérations urbaines, il n’est plus permis de laisser cohabiter des lignes de haute tension avec des bassins de population, ne serait ce que pour la sécurité des citoyens. Rappelons-nous à ce sujet que la naissance d’une partie des bidonvilles s’est faite dans les couloirs des lignes de haute tension (Casablanca, Temara, Agadir, Tetouan,...).

Avec l’enfouissement de quatre lignes de haute tension de 60Kv traversant les avenues de A. Bouabid, Ibn Rochd et Maa El Aynine, le projet d’envergure « Rabat, ville lumière» prendra un nouvel élan dans le sens ou cet enfouissement va permettre l’aménagement de cet axe sur plus de 10 km, notamment par l’élargissement des voies 2X3, l’injection de mobilier urbain, l’amélioration de l’éclairage public, et le rehaussement de la qualité urbaine. Et pourquoi pas une accélération du projet d’extension de la ligne du tramway qui s’arrête au pôle des universités Al Irfane vers la nouvelle centralité urbaine -mahaj riad- connu par sa densité en termes d’habitat, d’emploi et de commerce.

Par ailleurs, outre le gain de l’espace public, l’enfouissement des lignes de haute tension, a un impact sur l’amélioration de l’environnement visuel et protège l’infrastructure électrique contre les intempéries (foudre) susceptibles de générer des coupures électriques.

Aussi, importe-il de préciser que ce projet est le fruit d’un partenariat gagnant-gagnant regroupant la commune de Rabat, la Société Rabat-aménagement, l’Office National d’Electricité, l’Agence Nationale de la Conservation Foncière et du Cadastre -son futur siège social est mitoyen du couloir de la haute tension-, et la Caisse de dépôt et de Gestion -propriétaire d’une ligne foncière limitrophe au réseau de transport électrique-.

Nonobstant qu’un responsable de la Société chargée de la réalisation du projet soit rassurant en précisant que « pour enfouir des câbles électriques, nous devons creuser des tranchées de 1m50 de profondeur contrairement aux autres réseaux qui ne peuvent dépasser les 60 cm de profondeur », il est important que des précautions soient de mise quant aux risques lors de toute installation ou réparation des réseaux souterrains (eau, téléphone, assainissement, etc.) par les opérateurs urbains .

Pour cela, l’occasion de l’enfouissement de ces lignes électriques invite à la mise en place de protocoles de sécurité. Car, l’existence de réseaux câblés souterrains complexifie l’exploitation et l’entretien des services techniques communaux et/ou des opérateurs privés (voirie, distribution d’eau, égout, éclairage, téléphone, fibre optique) étant donné que l’espace est partageable. Une coupure d’électricité à haute tension impacte la ville toute entière.

Espérons-nous qu’il viendra le jour, ou tous les distributeurs d’eau, d’électricité et les opérateurs télécom, s’entendent pour un enfouissement dans la même tranchée de leurs réseaux et disposent de la même borne de distribution.

Mostafa KHEIREDDINE

Urbaniste, chercheur

MS en urbanisme de l’Université de Montréal

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